Canal du Centre et ascenseur de Strépy-Thieu

L’ensemble formé par le canal historique du Centre et les quatre ascenseurs hydrauliques pour bateaux représente un bel hommage au génie wallon du début du XIXe siècle. Le gabarit du canal historique s’est avéré trop exigu pour répondre au développement des activités industrielles de la région, principalement liées au charbon. Il a alors été décidé de construire le « nouveau » canal du Centre. Inauguré en septembre 2002, celui-ci est aujourd’hui un véritable carrefour fluvial dans le bassin du Sillon Sambre-et-Meuse.

Mis au gabarit pour des bateaux jusqu’à 1 350 tonnes, le canal du Centre s’étend sur 27 km entre Mons et Seneffe. Il s’intègre dans le réseau des voies navigables d’intérêt européen et permet aux bateaux les plus lourds de passer du bassin de la Meuse, à celui de l’Escaut.

Cette adaptation a nécessité la construction d’une nouvelle voie d’eau et de deux ouvrages majeurs, uniques au monde : l’ascenseur de Strépy-Thieu et le pont-canal d’Houdeng-Aimeries.

Créé il y 100 ans pour booster le développement économique de la Wallonie, le canal du Centre est aujourd’hui devenu un site touristique extrêmement fréquenté et reconnu comme patrimoine industriel classé à l’UNESCO depuis 1998.

Les premiers contacts pour un jumelage du canal du Centre historique avec le canal du Midi en France ont été concrétisés à l’occasion de la journée du patrimoine du 9 septembre 2017.

 

L’ascenseur funiculaire de Strépy-Thieu

20 ans de travaux auront été nécessaires pour aménager cet ouvrage exceptionnel, qui a été pendant de nombreuses années le plus grand ascenseur à bateaux du monde : 110 mètres de haut, 135 mètres de long et 75 mètres de large ! Il remplace les quatre anciens ascenseurs du canal du Centre et deux écluses, soit une dénivellation totale de 73,15 mètres. Ses deux bacs de 112 x 12 mètres permettent d’accueillir les bateaux les plus lourds.

Depuis sa mise en service en 2002, l’ascenseur funiculaire de Strépy-Thieu a vu sa fréquentation augmenter de manière significative. Son trafic est passé d'à peu près 30 000 tonnes par mois (trafic lié au transit de péniches de 600 tonnes) à un trafic au gabarit européen de 220 000 tonnes par mois, ce qui représente à peu près 2,2 millions de tonnes par an. Sachant qu'une péniche de 1 350 tonnes équivaut à près 70 camions, cette liaison permet de délester, de manière appréciable, les autoroutes wallonnes. En 2017, 2 435 000 tonnes de marchandises ont ainsi transité par l’ascenseur de Strépy-Thieu.

Suite à une avarie conséquente survenue le 11 décembre 2017 au niveau du dispositif d’accrochage d’une porte, le bac en rive gauche de l'ascenseur de Strépy-Thieu a dû être immobilisé en attendant la réparation des dégâts. Le bac rive droite est en état de fonctionner et pallie cette déficience afin de limiter les perturbations des bateliers.

 

Le pont-canal du Sart (Houdeng-Aimeries)

Cet ouvrage en béton d'une longueur de 498 mètre et de 46 mètres de large surplombe l’autoroute E19/A7 et permet au canal du Centre de franchir la vallée du Thiriau du Sart, ainsi qu’un important complexe routier d’accès à la zone industrielle de Strépy. De par sa parfaite intégration dans le paysage urbain qu’il traverse, l’ouvrage a été primé en 2004 par la Fédération Internationale du Béton.

Le tablier d’un poids à vide de 65 000 tonnes a été construit par la technique du poussage, ce qui constitue un record mondial. Tous les tronçons successifs ont été construits au même endroit sur la terre ferme puis chacun a été coulé contre le précédent et poussé progressivement vers son emplacement définitif.

Le pont-canal en chiffres :

  • Longueur de l’ouvrage : 498 mètres
  • Largeur au sommet : 46 mètres
  • Poids de l’ouvrage à vide : 65 000 tonnes
  • Nombre de travées : 13
  • Nombre de colonnes supportant le tablier : 28
  • Charges en eau : 80 000 tonnes

 

La porte de garde du Blanc Pain

La porte de garde du Blanc Pain est une barrière de sécurité qui a été construite de 2001 à 2003. Située au lieu-dit « Le Blanc Pain » à l’amont de tous les ouvrages de la liaison, cette porte ferme le canal en cas de besoin et situation exceptionnelle. Elle permet d’isoler les 5 km du bief sur lesquels les autres ouvrages sont situés, du reste du bief de partage (d’une longueur totale de 40 km).